Le “Rideau de Soie de Hanoï” de L’Espace Centre Culturel Français de Hanoï
Pour le millénaire de Hanoi, un "Rideau de Soie de Hanoï" accueille les visiteurs à l’Espace
Les vibrations de la soie donnent l’impression d’un dragon caché a l’interieur près à surgir pour son envol lors du millénaire de Hanoï
Les panneaux-cimaises mobiles et réutilisables, permettent de faire des économies et de réduire les déchets
Jeu de transparence avec la soie, qui est un matériau de construction d’une beauté rare et unique
Si vous avez suivi mon précédent post sur la création du restaurant en bambou et en terre crue dans la cour de L’ESPACE, vous savez à quel point le respect des matériaux locaux me tient à cœur. Mais la rénovation du Centre Culturel Français de Hanoï, achevée pour le millénaire de la ville en 2010, ne s’est pas arrêtée à cette structure extérieure. J’ai également conçu l’accueil et les espaces d’exposition intérieurs pour en faire un lieu de rencontre vibrant, au carrefour de nos deux cultures.
Dès le début, l’idée architecturale du projet était de fusionner deux pays unis par l’histoire. L’ESPACE devait rester un lieu où l’on retrouve un peu de France à Hanoï, mais aussi un lieu profondément vietnamien, ancré dans son contexte. À l’ère du développement durable, j’ai voulu imaginer une architecture intérieure qui valorise les ressources et les savoir-faire locaux, tout en réduisant les coûts et les déchets.
Concevoir à Hanoï en 2010 représentait pour moi un défi symbolique immense. La ville célébrait ses 1000 ans, et j’ai voulu capturer l’esprit de Thăng Long, le “Dragon prenant son envol ”, qui habitait alors tous les esprits.
Pour matérialiser ce mythe fondateur dans le hall d’accueil, j’ai imaginé une pièce maîtresse : un immense rideau de soie de Hà Đông.
- J’ai dessiné ce rideau pour qu’il cache dans ses plis la silhouette ou l’esprit d’un dragon. Il faut rappeler que Hanoï – Thăng Long a été fondée en 1010 par le roi Lý Thái Tổ après avoir vu un dragon s’élever au détour des méandres du fleuve Rouge. La ville, profondément attachée à ses symboles, est nourrie de légendes et de mythes fondateurs. En 2010, ces symboles prenaient une importance particulière, et beaucoup d’Hanoïens espéraient que le dragon “s’envolerait” à nouveau mille ans après.
- La construction de cette pièce a été confiée à l’artiste célèbre Bùi Hoài Mai, dont le savoir-faire a donné vie à cette vision.
- J’ai choisi de suspendre cette étoffe aérienne à une poutre massive en bois Gỗ Lim, un bois local utilisé pour les pagodes et les habitations vernaculaires des minorités. Le contraste entre la force du bois et la douceur de la soie crée une magie immédiate dès que l’on franchit le seuil.
Pour l’espace d’exposition et le café, je voulais également rompre avec des habitudes de construction polluantes. Je ne voulais plus de ces cimaises en plâtre construites pour une seule exposition, puis systématiquement détruites. J’ai donc conçu un faux-plafond technique intelligent en métal perforé gris :
- Ce dispositif, pensé pour une flexibilité maximale, permet de suspendre des œuvres, des panneaux mobiles ou des luminaires n’importe où.
- Le lieu peut changer de visage en quelques heures, sans produire de déchets. C’est une solution durable qui permet au centre d’évoluer au rythme des artistes.
Ce projet de rénovation, initié par le directeur de L’ESPACE, Patrick Michel, a transformé l’accueil en un véritable lieu de vie. Que vous veniez pour une exposition ou simplement pour le plaisir de flâner au café, l’espace vous enveloppe désormais d’une atmosphère chaleureuse.
C’est une grande satisfaction de voir que ma vision, de l’utilisation de la soie locale aux systèmes scénographiques flexibles, a fait de L’ESPACE un lieu où l’architecture raconte une histoire et fait battre le cœur de la ville.














