Extension provisoire du Lycée Français de Hanoi à Núi Trúc Hanoi
Une école provisoire en métal, démontable, réutilisable, recyclable et donc bas-carbone
Un bâtiment en métal est démontable, remontable et réutilisable ailleurs. Cela signifie qu’il peut être déplacé ou réutilisé plusieurs fois, ce qui réduit le besoin de construction neuve
Six ans avant l’inauguration du nouveau Lycée Français de Hanoi en 2018, l’ancien établissement de Nui Truc, situé au centre‑ville, était déjà devenu trop étroit pour accueillir tous les élèves. Je me souviens à quel point cette densité se faisait sentir au quotidien, dans les circulations comme dans les salles de classe. En 2012, l’idée a donc émergé de construire une extension provisoire dans la cour de récréation afin de créer des salles supplémentaires, tout en respectant strictement les normes françaises de construction, de sécurité et de confort.
Dans ce contexte, j’ai conçu le nouveau bâtiment avec un objectif clair : émettre un minimum de CO₂ et être entièrement réutilisable, tout en restant facilement démontable puisque l’école française est locataire d’un établissement vietnamien. Il devait aussi pouvoir être donné par la suite à une région défavorisée du Vietnam manquant d’infrastructures scolaires, ce qui, pour moi, donnait une dimension sociale forte au projet. Enfin, en fin de vie, tous ses matériaux devaient être recyclables. C’est pour cette raison que le métal s’est imposé comme matériau principal, pour ses nombreuses qualités dans une logique de circularité.
Pourquoi le métal ?
Le métal n’est pas, à proprement parler, un matériau bas-carbone lors de sa production : son extraction et sa fabrication consomment beaucoup d’énergie. Mais si l’on raisonne en cycle de vie complet, il devient particulièrement performant. Sa transformation, sa mise en œuvre et surtout sa recyclabilité quasi infinie permettent de réduire fortement son impact environnemental à l’échelle du temps. C’est cette vision globale qui m’a convaincu.
Un bâtiment en métal est démontable, remontable et réutilisable ailleurs. On peut l’imaginer déplacé, réemployé plusieurs fois, sans avoir à reconstruire systématiquement du neuf. En fin de vie, il est totalement recyclable : les matériaux peuvent être récupérés et réutilisés pour de nouvelles constructions. Cette capacité à “vivre plusieurs vies” m’a toujours semblé être un atout majeur dans le contexte de la transition écologique.
À l’inverse, le béton est un matériau lourd et encombrant, dont l’extraction, le transport et la mise en œuvre demandent beaucoup d’énergie. Il est aussi peu recyclable, ce qui conduit souvent à son enfouissement en décharge. Les bâtiments en béton sont permanents, figés dans le sol, et ne peuvent ni être déplacés ni réellement réutilisés. Cette inertie contribue à la surdensité urbaine et contraint les habitants à vivre dans des espaces de plus en plus restreints, ce que j’observe avec une certaine inquiétude dans de nombreuses villes.
Face à ces constats, je vois les bâtiments en métal comme une alternative crédible pour une construction plus durable. Souvent plus durables, plus facilement démontables et plus recyclables que les structures en béton, ils peuvent aussi participer à limiter la surdensité dans les villes, en permettant une plus grande réversibilité des usages. Ils représentent peut-être l’une des voies possibles pour la construction de demain, une piste que, en tant qu’architecte, je considère importante à explorer et à ne pas négliger.








