Rénovation énergétique d’un appartement ancien “passoire thermique” à Paris
Une "passoire thermique" passe du DPE G à B grâce à une rénovation énergétique, réduisant ainsi son empreinte environnementale
Moisissures (dues aux infiltrations par la façade et remontées capillaires dans un vieux mur en pierre et moellon). Les quartiers anciens de Paris, comptent de nombreuses constructions datant du XVIIIe et XIXe siècles, dont beaucoup sont des “passoires thermiques”
Les changements écosystémiques sont hélas bien réels (*), aussi bien dans les zones rurales reculées que dans les zones urbaines denses comme Paris. L’impact environnemental de Paris, en tant que capitale et ville mondiale, est crucial. Paris doit montrer la voie et être un symbole de la ville de demain.
- À Paris, environ 20 % des appartements sont considérés comme des passoires thermiques (DPE F et G), et avec presque 54% des résidences principales à Paris étaient classées E, F ou G, soit plus de la moitié du parc parisien. Ces logements sont souvent insalubres et consomment excessivement de l’énergie.
- L’interdiction de location des petites surfaces “passoires thermiques” classées G en 2025, F en 2028 et E en 2034 pose un réel problème de logement, notamment pour les étudiants et les ménages à faibles revenus
- L’appartement du Paris médiéval, datant du XVIIIe siècle, était un exemple typique de passoire thermique avec un DPE G. Il souffrait de nombreux problèmes : remontées capillaires dans les murs en pierre, sensation de froid et d’humidité, mauvaise ventilation, de grandes fenêtres endommagées à simple vitrage, et une mauvaise distribution des espaces.
Le projet de rénovation énergétique de l’appartement répond à ce défi par trois intentions de design :
- Repenser le plan :
- L’idée est de repenser l’espace avec un plan fonctionnel pour un “tiny-apartment”, avec un agencement optimisé (moins de couloirs, espace plus ouvert), réduisant l’empreinte écologique par occupant tout en maximisant lumière et flexibilité (pouvant passer facilement d’une à deux chambres, par exemple pour un couple avec un enfant). Cette sorte de “cellule à vivre minimum” s’inspire de Le Corbusier et prône une philosophie de vie minimaliste à travers un petit espace flexible, évolutif et intelligent, conçu pour favoriser l’essentiel qu’est la vie.
- Réduire la consommation d’énergie :
- Concevoir un projet avec une bien meilleure isolation et étanchéité à l’air, réduire le gaspillage énergétique en favorisant la consommation directe et des solutions de gestion/d’optimisation de la consommation d’énergie.
- Améliorer la qualité de vie :
- Prioriser la qualité de vie, la sécurité, l’acoustique, le confort et la santé via l’accès à la lumière naturelle, une meilleure ventilation avec la VMC hygro B, un confort acoustique amélioré et une sécurité renforcée.
Liste des travaux pour améliorer les performances énergétiques :
- Installation d’une isolation thermique par l’intérieur (ITI) sur des murs non-isolés :
- Installation d’une isolation thermique intérieure performante d’un R = 3.75 m².K/W (*)
- Remplacement de fenêtres simple vitrage par du double vitrage performant :
- Installation de menuiseries à double vitrage, vitrage verre feuilleté 44.2/16/4 et gaz argon, intercalaire warm edge. Ventilation haute hygroréglable phonique. Uw = 1,3 W/m².K; Sw = 0.3
- Remplacement de la vieille porte palière bois par une porte isolante thermique et acoustique :
- Pose d’un bloc porte palière CF E 130 avec serrure à 3 points. 39 dB. Ud=1,5 W/m².K ; On a bien vérifié la bonne pose d’un joint double-lèvre balai sous la porte pour stopper les courants d’air froid venant du hall d’entrée non chauffé.
- Installation d’une ventilation mécanique contrôlée simple flux B :
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- VMC simple flux hygro B pour le confort thermique et hygrométrique, améliorer la qualité de l’air intérieur et réduire la consommation d’énergie (un air plus sec est moins cher à chauffer et meilleur ressenti thermique).
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- Installation de chauffage à inertie basse température connecté :
- Pose de chauffage électrique à inertie (basse température) connecté tactile en plinthe, programmable pièce par pièce – un de 1000 W (dans le séjour) et un autre de 750 W (dans la chambre) – à la place de radiateurs convecteurs « grille-pain » très énergivore. En hiver, programmation seulement 3 heures le matin et 3 heures le soir sur 19° en consigne et le reste du temps 17° en mode éco, ce qui est rendu possible grâce à la bonne isolation thermique et à la VMC hygro de l’appartement.
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- Pose d’un radiateur soufflant céramique dans la salle de bain, qui sera utilisé uniquement et ponctuellement durant la douche (15 à 30 minutes/jour), ce qui évite la surconsommation et le gaspillage comparativement à un sèche-serviette (qui sera allumé plusieurs heures/jour). Le radiateur soufflant amène aussi un net confort par sa chaleur douce et rapide.
- Installation d’une production d’eau chaude à semi-accumulation :
- Pose d’un chauffe-eau extra plat vertical de 65 L classe B, connecté et pilotable en remplacement d’un vieux ballon cumulus 100 L qui fonctionnait sur heures pleines/creuses. En effet ce type de chauffe-eau plat réduit le gaspillage car il fonctionne plus en consommation directe (toute l’eau chaude produite est consommée), et donc plus économe.
- Brasseur d’air fixe pour les canicules :
- Pose d’un brasseur d’air fixe (ventilateur mural) très efficace contre l’inconfort estival.
- Peinture “respirante” :
- Les murs d’origine (très ancien, en pan de bois avec remplissage) avaient des toiles en verre qui “emprisonnaient” l’humidité et créaient de la moisissure. Lors de la rénovation énergétique, la peinture “respirante” (qui permet de réguler l’humidité des murs) a été choisie afin de réguler l’humidité ambiante de façon passive et d’avoir un air intérieur plus sain.
(*) 6 des 9 limites planétaires sont déjà franchies : 1. le changement climatique, 2. la perte de la biodiversité, 3. la perturbation des cycles biogéochimiques, 4. la dégradation des ressources d’eau douce, 5. la dégradation des sols, 6. la pollution chimique.
























