Pourquoi concevoir un écosystème est fondamental ? La trame verte-bleue du Design Biophilique au Beachclub du The Maris Vung Tau
Chaque détail architectural est une invitation à ralentir, à respirer et à se reconnecter aux éléments fondamentaux : l'eau, le vent et la lumière. C'est cela, le design biophilique.
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Par Chi Tam Nguyen, architecte DPLG – TAMA Architecture Paris
Quand l’architecture s’efface pour laisser place à la mer.
Lorsque j’ai travaillé sur le Beachclub du The Maris Vung Tau, je me suis nourri du contexte unique du site : l’océan Pacifique, la baie de Vung Tau, la péninsule, la montagne, la plage – et la ville elle-même, avec son histoire riche. J’ai puisé dans tout ce que la nature offre ici : les vents marins, la lumière dorée du matin, les couchers de soleil flamboyants, les marées, les coquillages éparpillés sur le sable, les sons et les odeurs de l’océan, la silhouette des bateaux au loin. Ces éléments sont devenus la matière première de mon imaginaire architectural.
Le sens de l’arrivée
L’une des intentions les plus fortes du projet est ce que j’appelle le “sens de l’arrivée”. Tout commence par un green and water link – un chemin sinueux qui serpente autour d’un lac-rivière central. Ce parcours est pensé comme une promenade sensorielle jalonnée de surprises : cascades douces, paysages luxuriants, changements d’échelle et de lumière.
On entre d’abord sous une arche métallique, après une fontaine d’accueil. On débouche sur une place ronde centrale qui offre une vue apaisante sur le lac. En avançant, on traverse le monument emblématique du projet : le Moulin Rouge géant – café, lieu de détente et surtout point de vue exceptionnel, un belvédère – une plateforme perchée à 14,5 mètres qui ouvre sur l’immensité du Pacifique. Chaque fois que j’imagine cet endroit, je ressens cette émotion particulière : celle d’être à la fois protégé et ouvert sur l’infini.
Plus on avance, plus on sent l’océan se rapprocher. Son souffle. Ses embruns. Sa lumière changeante.
Trois coquillages tournés vers le large
Au bout de cette promenade, là où la trame verte-bleue achève sa course, surgissent trois volumes organiques : trois coquillages délicatement déposés sur le sable par la marée.
Cette image me tient particulièrement à cœur. Ces trois formes tournées vers l’océan donnent aux visiteurs l’impression de se tenir littéralement à la porte de l’immense Pacifique. C’est du design biophilique dans son sens le plus direct : des formes inspirées par la nature, qui parlent à notre inconscient avant même que notre raison les analyse.
Chacun des trois bâtiments – Central, Droite, Gauche – offre un panorama unique sur la baie. L’architecture s’efface pour laisser place à la magie de la mer.
Une architecture qui respire
Le Beachclub n’est pas climatisé de manière conventionnelle. Il respire.
Les toits en palmes traditionnelles réduisent drastiquement l’apport thermique tout en offrant une esthétique organique et chaleureuse – une technique millénaire, réinterprétée.
Les toitures débordantes créent de vastes espaces frais et protégés du soleil direct, sans aucune énergie mécanique.
Les pavillons entièrement ouverts sur l’océan captent les vents marins pour assurer un refroidissement naturel constant – tout en offrant des vues imprenables sur l’horizon.
C’est ce que j’appelle la conception passive intelligente : utiliser ce que le lieu offre naturellement, avant de recourir à la technologie.
Un écosystème, de la biodiversité
Dans un complexe implanté dans un site naturel aussi sensible, concevoir un écosystème n’est pas un luxe – c’est une responsabilité.
Les plantes et les arbres filtrent l’air, capturent les polluants, absorbent les bruits. Ils participent à la filtration de l’eau. Ils offrent nourriture et abri à une faune variée : oiseaux, papillons, insectes, grenouilles. Voir et entendre cette vie autour de soi change profondément l’expérience d’un lieu – et sensibilise doucement les visiteurs à l’importance de la biodiversité.
L’ombre et la protection contre le vent offerts par les arbres réduisent aussi très significativement les besoins en climatisation : moins de consommation, moins de coûts, moins d’impact environnemental.
Je suis convaincu qu’un écosystème visible et vivant est également un atout commercial : il attire une clientèle sensible à ces questions, fidélise ceux qui cherchent autre chose qu’un simple hôtel, et transforme le complexe en une destination plus durable, plus agréable – et simplement plus désirable.
Chaque détail architectural est une invitation à ralentir, à respirer et à se reconnecter aux éléments fondamentaux : l’eau, le vent et la lumière. C’est cela, le design biophilique
